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Carnaval Guyane
Carnaval · Reportage vidéo

En route vers Saint-Laurent : à la rencontre des Jé Farin du carnaval guyanais

Costume blanc, chapeau pointu, sac de farine à la main. Le Jé Farin est l'un des personnages les plus joyeux et singuliers du carnaval de Guyane. On est partis le retrouver sur la route de Saint-Laurent-du-Maroni.

Emma Noche Avril 2026 Reportage + Vidéo
Fanny J
Musique · Interview
Fanny J à l'Urban OJ Festival : une voix, un territoire
Avril 2024
Kali'na
Peuples · Traditions
Investiture d'Alberte Anton, Yopoto Kali'na d'Organabo
Février 2026
Saint-Laurent
Territoire
Saint-Laurent-du-Maroni, capitale de l'Ouest guyanais
Janvier 2026
Diversité Guyane
Société · Identité
25 peuples, une Guyane : plongée dans la mosaïque guyanaise
Décembre 2025
Carnaval · Reportage
En route vers Saint-Laurent : à la rencontre des Jé Farin

Un reportage immersif au cœur du carnaval guyanais, à la rencontre du personnage le plus singulier de la fête.

Musique · Interview
Fanny J à l'Urban OJ Festival : rencontre avec une voix libre

En coulisses du Festival des Cultures Urbaines de Saint-Laurent-du-Maroni, rencontre avec la chanteuse guyanaise Fanny J.

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Carnaval Guyane Jé Farin
Carnaval · Vidéo
En route vers Saint-Laurent : à la rencontre des Jé Farin

Tout de blanc vêtu, chapeau pointu, farine à portée de main. Le Jé Farin est un personnage unique du carnaval guyanais. On est allés le retrouver sur la route de Saint-Laurent-du-Maroni pour comprendre d'où il vient et ce qu'il représente.

Fanny J 🎤
Musique · Interview
Fanny J à l'Urban OJ Festival : rencontre avec une voix libre

En 2024, l'Urban OJ Festival accueillait Fanny J sur sa scène. En coulisses, on a eu la chance de s'asseoir avec l'artiste pour parler de musique, d'identité guyanaise et de ce que ça veut dire chanter d'ici.

Village Kali'na Guyane 🌿
Peuples · Traditions
Yopoto d'Organabo : l'investiture d'Alberte Anton, gardienne Kali'na

Au village d'Organabo, nous avons assisté à l'investiture d'Alberte Anton comme cheffe coutumière du peuple Kali'na. Un moment rare et solennel, entre continuité culturelle et modernité.

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Carnaval Guyane histoire
Carnaval · Histoire
Le carnaval de Guyane : entre résistance et liesse populaire

Le plus long carnaval du monde a des racines profondes dans l'histoire de la Guyane. De l'interdiction faite aux esclaves à la candidature à l'UNESCO, retour sur une tradition en mouvement.

Peuple Kali'na
Peuples autochtones
Les Kali'na : navigateurs, guerriers, gardiens du littoral guyanais

Peuple amérindien le plus nombreux de Guyane, les Kali'na vivent sur la bande côtière depuis des siècles. Portrait d'une communauté qui revendique sa place dans la Guyane d'aujourd'hui.

Diversité Guyane
Société · Identité
25 peuples, une Guyane : la mosaïque culturelle guyanaise

Amérindiens, Bushinengué, Créoles, Hmongs, Brésiliens, Métropolitains… La Guyane compte plus de 25 groupes ethniques. Un kaléidoscope humain unique en France et dans le monde.

Territoire & Nature ↗ Voir tout
Saint-Laurent du Maroni
Territoire · Ouest guyanais
Saint-Laurent-du-Maroni : capitale de l'Ouest, ville entre deux mondes

Sur les rives du Maroni, face au Suriname, Saint-Laurent-du-Maroni est une ville à part. Ancienne capitale pénitentiaire, elle est aujourd'hui le cœur battant de l'Ouest guyanais et un carrefour culturel unique.

Forêt amazonienne Guyane
Nature · Environnement
La forêt guyanaise : 96% du territoire, un trésor sous pression

La Guyane abrite l'une des forêts tropicales les plus préservées au monde. Mais entre orpaillage illégal et pression foncière, cet écosystème unique fait face à des menaces croissantes.

Tortues luth Awala
Nature · Awala-Yalimapo
Awala-Yalimapo : là où les tortues luth reviennent pondre depuis la nuit des temps

Chaque année, les tortues luth, les plus grandes tortues marines du monde, viennent pondre sur les plages d'Awala-Yalimapo, territoire du peuple Kali'na. Un spectacle naturel et culturel exceptionnel.

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Un média de proximité, fait par une Guyanaise

Inside Guyane, c'est un espace pour raconter ce qui se passe ici. Pas les grandes dépêches d'agence, mais les histoires qui comptent pour les Guyanais : les fêtes, les peuples, les artistes, les lieux, les traditions. Ce qu'on vit.

Je m'appelle Emma Noche. Présentatrice TV sur Guyane La 1ère, créatrice de contenu et animatrice d'ateliers EMI dans les écoles. Inside Guyane prolonge ce travail de terrain avec des articles, des vidéos et des reportages immersifs.

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Carnaval · Reportage vidéo

En route vers Saint-Laurent : à la rencontre des Jé Farin du carnaval guyanais

Par Emma Noche · Avril 2026 · Reportage de terrain
Carnaval de Guyane
Carnaval de Guyane

C'est en prenant la route de Saint-Laurent-du-Maroni qu'on l'a croisé pour la première fois. Tout de blanc vêtu, un chapeau pointu sur la tête, un sac de farine glissé sous le bras. Le Jé Farin avançait au milieu des cavalcades avec cette tranquillité propre à ceux qui savent exactement qui ils sont.

Un personnage né de l'histoire

Le Jé Farin, "jeu de farine" en créole guyanais, est l'un des personnages carnavalesques les plus anciens de Guyane. Son costume tout blanc rappelle celui du boulanger, métier qui traversait les classes sociales et les époques. Selon la tradition, il enfarinait les enfants qui s'approchaient de lui, dans un échange joyeux qui symbolisait la transgression bienveillante propre au carnaval.

Dans un carnaval qui compte des dizaines de personnages différents, du Touloulou mystérieux au Neg'Marron enduit d'huile et de suie, du Lanmò représentant la mort au Bobi mi-ours mi-éléphant, le Jé Farin se distingue par sa légèreté. Il n'incarne pas la peur ni la subversion politique. Il incarne la joie pure, populaire, intergénérationnelle.

"Le Jé Farin, c'est le personnage qui fait rire les enfants depuis toujours. Sans lui, le carnaval serait moins vivant."

Sur la route de Saint-Laurent

C'est à Saint-Laurent-du-Maroni que le carnaval de l'Ouest guyanais prend une couleur particulière. La ville, capitale de l'Ouest, vit sa saison carnavalesque avec une intensité que seuls ses habitants connaissent vraiment. Les défilés du dimanche, les vidés du matin à 5h, les bals paré-masqués avec les orchestres mythiques. Tout ici respire la fête, de l'Épiphanie au mercredi des Cendres.

En 2024, le carnaval de Saint-Laurent s'est placé sous le signe de la flamme olympique, mariant tradition guyanaise et fierté nationale. Mais sous les thèmes qui changent chaque année, les personnages, eux, perdurent. Le Jé Farin était là. Il sera encore là l'année prochaine.

Un patrimoine en route vers l'UNESCO

Le carnaval de Guyane est inscrit depuis 2017 à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel français. Une candidature à l'UNESCO est actuellement en cours, portée par la Collectivité Territoriale de Guyane et des chercheurs comme Cécile Lony, dont les travaux montrent que le carnaval est bien plus qu'une fête : c'est un système de transmission culturelle, culinaire et sociale qui unit les Guyanais à travers les générations.

Musique · Interview

Fanny J à l'Urban OJ Festival : rencontre avec une voix qui chante d'ici

Par Emma Noche · Avril 2024 · Interview
Fanny J
Fanny J — chanteuse guyanaise

L'Urban OJ Festival, le Festival des Cultures Urbaines de Saint-Laurent-du-Maroni, est l'un des événements musicaux les plus attendus de l'Ouest guyanais. Né en 2009, il propose depuis plus de dix ans une programmation éclectique : hip-hop, dancehall, slam, et voix venues des Antilles-Guyane. En 2024, c'est Fanny J qui était à l'affiche. On l'a rencontrée en coulisses.

Une artiste qui n'efface pas ses origines

Fanny J est née à Cayenne. Guyanaise, elle a grandi entre la Guyane et la métropole. Quand elle chante la Caraïbe, elle chante de l'intérieur. De la manière dont on grandit entre deux cultures, dont on porte une langue, dont on essaie de faire entendre quelque chose qui vient de là-bas plutôt que d'ailleurs. À l'heure où beaucoup d'artistes des Outre-mer lissent leur son pour plaire à un marché global, elle fait le contraire.

"Je ne cherche pas à appartenir à un monde qui ne m'a pas attendue. Je chante ce que je suis."

La conversation a duré plus d'une heure. Elle a parlé de ses débuts, de la pression de la maison de disques, de ce que ça fait de revenir dans les territoires après des années passées à Paris. Et de l'accueil du public guyanais : "exigeant, direct, mais quand tu as leur confiance, tu l'as pour de bon."

L'Urban OJ Festival, scène rare pour les artistes locaux

Le Festival des Cultures Urbaines de Saint-Laurent est l'une des rares scènes en Guyane qui offre une vraie production aux artistes. Pendant plusieurs jours, la ville vibre au rythme des cultures urbaines : skateboard, slam, hip-hop, danses urbaines et concerts. Pour Fanny J, se produire ici, c'était une forme de retour aux fondamentaux.

Son set de cette soirée-là était construit comme un dialogue avec la salle. Elle commençait doucement, laissait le public trouver ses repères, puis montait en puissance. À la fin, tout le monde chantait avec elle. C'est ça, Fanny J.

La Guyane comme miroir

Ce qui ressort surtout de cette rencontre, c'est l'idée que la Guyane est un territoire qui force à se situer. Qui es-tu ? D'où viens-tu ? Qu'est-ce que tu apportes ? Ces questions, Fanny J se les pose à voix haute dans sa musique. Et c'est peut-être pour ça que ça résonne autant ici.

Peuples · Traditions · Reportage de terrain

Yopoto d'Organabo : l'investiture d'Alberte Anton, gardienne du peuple Kali'na

Par Emma Noche · Février 2026 · Reportage
Village Kali'na Guyane
Village Kali'na, Organabo

Il y a des moments qui ne s'annoncent pas. On arrive, on observe, on écoute. Et on comprend progressivement qu'on est en train d'assister à quelque chose qui dépasse le moment présent. L'investiture d'Alberte Anton comme Yopoto (cheffe coutumière) du peuple Kali'na d'Organabo était l'un de ces moments-là.

Qui sont les Kali'na ?

Les Kali'na, aussi appelés Galibis, sont l'un des six peuples autochtones reconnus de Guyane et le plus nombreux d'entre eux. Présents sur la bande côtière atlantique depuis des siècles, entre le Brésil et le Venezuela, ils ont une longue histoire de contacts avec les Européens depuis le XVIe siècle. Réputés navigateurs et guerriers, ils maintiennent aujourd'hui leurs traditions, leur langue et leur organisation politique propre.

Au cœur de cette organisation : le Yopoto, chef ou cheffe coutumière qui assure le lien entre les générations, veille sur les affaires communautaires et représente le peuple auprès des autorités extérieures. Une charge qui n'est pas seulement politique : elle est avant tout symbolique et spirituelle. spirituelle et symbolique.

"Elle ne succède pas à quelqu'un. Elle continue quelque chose qui existait bien avant nous."

La cérémonie d'Organabo

La cérémonie n'était pas un spectacle. Pas de mise en scène pour les caméras, pas de discours formatés. Des gestes précis, des paroles en kali'na, une communauté rassemblée dans une attention profonde. Le chamane, appelé piyai en langue kali'na, est le gardien des rituels. C'est à lui que revient d'officier dans les moments de transmission, de passage.

Alberte Anton est une figure connue dans la région. Sa fille est Miss Outre-mer France, un détail qui dit quelque chose de la manière dont ces familles naviguent entre deux mondes, portant à la fois la mémoire ancestrale et les projections d'une France contemporaine qui les regarde souvent de loin.

Un peuple qui revendique sa place

La commune d'Awala-Yalimapo, créée en 1988 à la demande des habitants Kali'na, illustre cette volonté forte de défendre une identité culturelle distincte et affirmée. En 1981, l'Association des Amérindiens de Guyane française avait été fondée. Un tournant dans la reconnaissance politique de ces peuples. Depuis, les avancées sont réelles, même si les défis en matière de droits fonciers et d'accès aux services publics restent immenses.

Ce reportage a été réalisé dans le respect de la communauté et avec son accord. Nous remercions Alberte Anton et les habitants d'Organabo de nous avoir ouvert leur cérémonie.

Carnaval · Histoire · Culture

Le carnaval de Guyane : entre résistance, mémoire et liesse populaire

Par Inside Guyane · Mars 2026
Touloulous carnaval Guyane
Carnaval de Guyane, Touloulous

On dit souvent que le carnaval de Guyane est le plus long du monde. Ce n'est pas une formule touristique : c'est une réalité. De l'Épiphanie au mercredi des Cendres, la Guyane vit au rythme de ses défilés, bals et cavalcades pendant plusieurs semaines. Mais ce qui fait la vraie singularité de ce carnaval, c'est ce qu'il porte dans ses costumes, dans ses personnages, dans ses silences.

Une fête née de la transgression

Au début de la colonisation, le carnaval était l'apanage des colons européens. Les esclaves en étaient strictement exclus. Mais comme toujours, l'interdiction n'a fait qu'aiguiser le désir. En marge des festivités officielles, des fêtes clandestines voyaient le jour, où l'on se couvrait de mélasse ou de farine pour se déguiser, pour tourner les maîtres en dérision, pour retrouver quelques heures de liberté.

Après l'abolition de l'esclavage en 1848, ces pratiques s'ouvrent à tous. Le carnaval devient le grand espace de brassage de la Guyane, intégrant peu à peu les cultures africaines, amérindiennes, créoles, brésiliennes et métropolitaines. Chaque communauté y apporte quelque chose. Le résultat est un carnaval unique au monde.

"Le carnaval fédère. Certaines personnes ne se voient que durant cette période."

Des personnages qui racontent l'histoire

Chaque costume est un récit. Le Neg'Marron, corps enduit d'huile et de suie, rappelle les esclaves fugitifs qui refusaient la servitude. Le Touloulou, femme masquée de la tête aux pieds qui choisit ses cavaliers, incarne le renversement des codes de genre. Le Lanmò représente la mort, présent depuis les premiers temps de la traite. Le Bobi, mi-ours mi-éléphant en toile de jute, rappelle l'arrivée de dompteurs au début du XXe siècle.

Et le roi Vaval, un mannequin géant brûlé le dernier jour du carnaval, symbolise à la fois la mémoire des temps douloureux et le renouveau du printemps.

Vers une reconnaissance mondiale

Inscrit depuis 2017 à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel français, le carnaval de Guyane est aujourd'hui candidat à l'UNESCO. Une démarche portée par la Collectivité Territoriale de Guyane, l'Office du carnaval Pays de Guyane et des chercheurs qui documentent cette tradition vivante, qui évolue, s'adapte, mais ne perd pas son âme.

Peuples autochtones · Culture

Les Kali'na : navigateurs, guerriers, gardiens du littoral guyanais

Par Inside Guyane · Janvier 2026
Peuple Kali'na Guyane
Peuple Kali'na, Guyane

Ils s'appellent eux-mêmes les Kali'na tilewuyu, soit "les vrais Kali'na". Pendant longtemps, les Européens les désignaient sous le nom de "Galibis". Aujourd'hui, ce peuple amérindien est le plus nombreux de Guyane et l'un des plus actifs dans la défense de ses droits et de sa culture.

Un peuple côtier aux racines profondes

Les Kali'na vivent depuis des siècles sur la bande côtière atlantique, de l'embouchure du Maroni à l'Oyapok, avec des communautés également présentes au Venezuela, au Suriname, au Guyana et au Brésil. Réputés navigateurs et guerriers, ils ont eu des contacts précoces avec les Européens dès le XVIe siècle, des contacts qui ont profondément marqué leur histoire, parfois douloureusement.

En 1882 et 1892, des Kali'na furent exhibés au Jardin d'acclimatation de Paris lors des expositions universelles. Un épisode que la communauté n'a pas oublié. En août 2024, un monument en hommage aux 47 Kali'na et Arawak exhibés fut inauguré à Iracoubo, lors des Journées des Peuples Autochtones.

"Notre histoire, on l'a portée dans nos voix, nos chants, nos gestes, même quand personne ne voulait l'entendre."

Vie traditionnelle et défis contemporains

Les Kali'na pratiquent la pêche, l'horticulture sur brûlis, la chasse et la cueillette. Leur artisanat, tressage, poterie, instruments de musique comme la samboula (grand tambour) ou la kalawasi (maracas), est une expression vivante de leur culture. Les gardiens de la tradition sont les chamans, appelés piyai, qui veillent sur le lien entre le monde des vivants et celui des esprits.

Aujourd'hui, la communauté Kali'na fait face à des défis majeurs : droits fonciers non reconnus, accès aux services publics limité dans certaines zones, pression de l'orpaillage illégal sur les territoires. Mais elle répond aussi par une mobilisation culturelle et politique croissante, portée notamment par des associations comme l'AAGF et des jeunes artistes qui revendiquent leur héritage.

Awala-Yalimapo, cœur du territoire Kali'na

Créée en 1988 à la demande des habitants, la commune d'Awala-Yalimapo est le symbole de cette affirmation identitaire. Située entre les estuaires du Maroni et de la Mana, elle accueille chaque année des milliers de touristes venus observer les tortues luth pondre sur ses plages. Mais c'est d'abord un territoire vivant, habité, qui refuse d'être réduit à une attraction.

Société · Identité

25 peuples, une Guyane : la mosaïque culturelle guyanaise

Par Inside Guyane · Décembre 2025
Marché de Cayenne
Diversité culturelle, Guyane

Il n'existe peut-être pas de territoire en France, ni en Europe, qui présente une telle diversité humaine sur une surface aussi restreinte. La Guyane compte plus de 25 groupes ethniques distincts, chacun portant sa langue, ses traditions, son histoire. Une mosaïque qui coexiste, se frôle, et parfois se mélange.

Six peuples autochtones

À la base de tout : les peuples qui étaient là avant. La Guyane reconnaît six peuples autochtones : les Kali'na et les Lokono sur le littoral ; les Wayana, les Wayãpi, les Teko et les Palikur dans les zones intérieures, souvent le long des grands fleuves. Ces communautés, estimées entre 6 000 et 19 000 personnes, vivent principalement dans des communautés villageoises sous la protection de leurs chefs coutumiers.

Les Bushinengué, héritiers des Marrons

Les Noirs Marrons, aussi appelés Bushinengué, sont les descendants des esclaves africains qui ont fui les plantations du Suriname aux XVIIe et XVIIIe siècles pour se réfugier dans la forêt amazonienne. Aujourd'hui organisés en plusieurs groupes (Aluku, Djuka, Saramaka, Pamaka, Matawai, Kwinti), ils vivent principalement le long du Maroni. Leur art, notamment la sculpture sur bois et les tissus patchwork, est mondialement reconnu.

"La Guyane est un kaléidoscope où les cultures se côtoient et se mélangent, à minima parfois, mais toujours."

Créoles, Brésiliens, Hmongs et bien d'autres

La population créole guyanaise, héritière directe de la rencontre des cultures africaines et européennes, forme le groupe le plus nombreux. Mais la Guyane abrite aussi une importante communauté brésilienne (souvent liée à l'orpaillage), des Hmongs réfugiés du Laos installés depuis les années 1970 à Cacao et Javouhey, des communautés chinoises, haïtiennes, surinamaises et métropolitaines.

Cette diversité est à la fois la richesse et le défi permanent de la Guyane. Comment construire un territoire commun quand les histoires, les langues et les référents culturels sont si différents ? La question reste ouverte. Et c'est précisément ce qui rend la Guyane fascinante.

Territoire · Ouest guyanais

Saint-Laurent-du-Maroni : capitale de l'Ouest, ville entre deux mondes

Par Inside Guyane · Janvier 2026
Saint-Laurent-du-Maroni
Saint-Laurent-du-Maroni, fleuve Maroni

Sur la rive gauche du Maroni, face aux berges surinamaises, Saint-Laurent-du-Maroni occupe une position à part dans la géographie guyanaise. Deuxième ville de Guyane par la population, capitale de l'Ouest, elle est aussi l'une des villes les plus jeunes de France, avec une pyramide des âges qui contraste fortement avec le vieillissement métropolitain.

De l'ancien bagne à la ville carrefour

La ville doit son nom à son passé pénitentiaire. De 1858 à 1946, Saint-Laurent a été le principal camp de transit du bagne guyanais. Des milliers de condamnés y ont transité avant d'être envoyés dans les camps de l'intérieur. Aujourd'hui, le Camp de la Transportation, classé patrimoine historique, accueille le CIAP, centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine, et attire des visiteurs venus du monde entier.

"Saint-Laurent, c'est une ville qui porte ses cicatrices en pleine lumière. Et qui avance quand même."

Un carrefour humain unique

De l'autre côté du fleuve, c'est Albina, au Suriname. Des pirogues font la navette toute la journée. Des familles sont à cheval entre les deux pays, des langues se mélangent sur le marché : français, néerlandais, sranan tongo, kali'na, aluku. Saint-Laurent n'est pas une ville frontière ordinaire. C'est un point de rencontre permanent entre des histoires, des cultures et des économies très différentes.

Une ville en pleine transformation

Depuis une décennie, Saint-Laurent connaît une croissance démographique soutenue. Les défis sont immenses : accès aux services publics, pression sur les infrastructures scolaires et hospitalières, enclavement routier. Mais la ville investit aussi dans sa vie culturelle, avec des festivals comme les Tréteaux du Maroni, le FIFAC ou le Festival des Cultures Urbaines, et dans son attractivité touristique, dont son carnaval est le fleuron.

Nature · Environnement

La forêt guyanaise : 96% du territoire, un trésor sous pression

Par Inside Guyane · Novembre 2025
Forêt amazonienne Guyane
Forêt amazonienne, Guyane

La Guyane est recouverte à 96% par la forêt amazonienne, l'un des écosystèmes les plus riches et les plus menacés de la planète. Ce chiffre vertigineux dit à la fois la chance exceptionnelle de ce territoire et la responsabilité qui pèse sur lui.

Un écosystème d'une richesse extrême

La forêt guyanaise abrite une biodiversité extraordinaire : des milliers d'espèces de plantes, d'insectes, d'oiseaux et de mammifères, dont beaucoup ne sont encore pas répertoriés. Le Parc Amazonien de Guyane, créé en 2007, protège 3,4 millions d'hectares dans le sud du territoire, soit la plus grande réserve naturelle terrestre de France et l'une des plus grandes d'Europe.

"Protéger la forêt guyanaise, c'est protéger quelque chose qui appartient à toute l'humanité."

L'orpaillage, plaie de la forêt

Mais cette forêt est sous pression. L'orpaillage illégal, pratiqué principalement par des garimpeiros brésiliens, est l'une des principales menaces. Des milliers de sites clandestins dévastent les cours d'eau, contaminent les poissons au mercure, et perturbent les communautés amérindiennes qui vivent de la rivière. L'opération Harpie, menée conjointement par l'armée et la gendarmerie, tente d'endiguer ce phénomène avec des résultats mitigés.

Un territoire à défendre

Face à ces enjeux, les peuples autochtones sont en première ligne. Ce sont eux qui connaissent la forêt, qui en dépendent directement et qui alertent depuis des années sur les dégâts causés. Leur mobilisation, soutenue par des associations environnementales et des chercheurs, commence à porter ses fruits. Mais le chemin est encore long.

Nature · Territoire Kali'na

Awala-Yalimapo : là où les tortues luth reviennent pondre depuis la nuit des temps

Par Inside Guyane · Octobre 2025
Tortue luth ponte Guyane
Tortue luth, plage d'Awala-Yalimapo

Entre les estuaires du Maroni et de la Mana, la petite commune d'Awala-Yalimapo est l'un des endroits les plus secrets et les plus spectaculaires de Guyane. Chaque année, entre mars et août, les plages de cette commune Kali'na deviennent le théâtre d'un phénomène naturel rarissime : la ponte des tortues luth.

La plus grande tortue du monde

La tortue luth peut peser jusqu'à 900 kg et mesurer plus de deux mètres. C'est le plus grand reptile vivant. Elle parcourt des milliers de kilomètres en mer pour revenir, chaque année, pondre sur la plage où elle est née. Awala-Yalimapo est l'un des sites de ponte les plus importants au monde : jusqu'à 60 000 nids ont été recensés certaines années.

"Pour les Kali'na, ces tortues ne sont pas seulement des animaux. Elles font partie du territoire, de l'histoire, de la vie."

Un territoire protégé et vivant

La commune d'Awala-Yalimapo a été créée en 1988 à la demande des habitants Kali'na, qui souhaitaient défendre à la fois leur identité culturelle et leur environnement. Aujourd'hui, la commune gère avec soin l'accès aux plages de ponte : les visites nocturnes sont encadrées, le nombre de visiteurs limité, les comportements strictement réglementés pour ne pas perturber les pontes.

Visiter Awala, c'est accepter de venir sur un territoire Kali'na, avec humilité et respect. C'est la condition pour que cet équilibre unique entre nature et culture puisse se maintenir.